Grégoire Michonze

1902 1982
 (Бессарабская губерния) (République de Moldovie) 1902 /   (France) 1982

Grégoire Michonze est l’aîné d’une famille de cinq enfants. Son père tient un commerce de tissus et sa mère a grandi dans une famille de rabbins. Il étudie aux Beaux-Arts de sa ville natale et s’initie à la technique de la peinture à l’oeuf. À l’issue du premier conflit mondial, la Bessarabie devient roumaine et Grégoire Michonze poursuit ses études à Bucarest.

En 1922, Michonze s’embarque pour Marseille via Istanbul et s’installe à Paris. « Il n’avait emporté qu’un saucisson et du pain noir, et jalousement serré dans un sachet autour du cou, la ressource intouchable : le prix d’un billet sans retour de Marseille à Paris » (Patrick Waldberg). À Paris, il entre aux Beaux-Arts et fait la connaissance de Max Ernst qui l’introduit auprès des surréalistes : André Breton, Paul Eluard, Yves Tanguy, Aragon et André Masson. Il assiste aux réunions du groupe mais s’en éloigne peu à peu pour suivre une voie personnelle. Attiré comme d’autres artistes par la côte d’Azur, il se rend à Cagnes où il retrouve son compatriote Soutine et Henry Miller qu’il connaît depuis 1928. Il organise sa première exposition personnelle à Antibes, dans son atelier, en 1932.

En 1937, Michonze séjourne aux États-Unis. À son retour, il fait la connaissance d’une jeune artiste écossaise, Una Maclean, qui devient sa femme et donne naissance à deux enfants.

En 1939, Michonze s’engage dans l’artillerie française. Prisonnier à Brême en 1940, il passe deux ans à proximité d’un camp de prisonniers russes dont il rapporte des dessins bouleversants. À la fin de la guerre, il obtient la nationalité française. Il reçoit le prix William et Noma Copley de Chicago en 1961 et le premier prix de la biennale de Trouville (1964). En 1967, l’artiste se fait construire un grand atelier dans un moulin près de Troyes et ne s’en éloigne que pour visiter Rome, Venise, Genève, Londres ou Tel-Aviv.